Un peu de teasing

novembre 5th, 2009
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Les travaux de rénovation de l’Hotel de Recherche de Perharidy avancent à grands pas. Les choses prennent de plus en plus forme. Nous n’avons pu résister à l’envie de partager quelques photos avec vous :

TheBuilding
The building (viewed from west side)

View
The view out an office window (2nd floor)

Another view (can you believe it ?)
Another view (can you believe it ?)

The chemistry laboratory (1st floor)
The chemistry laboratory (1st floor)
The view from the lobby (in the background, the Batz Island)
The view from the lobby (in the background, the Batz Island)

The biology laboratory (ground floor)
The biology laboratory (ground floor)

Nous attendons donc avec impatience la fin des travaux, dans les prochains mois ! Pour toute question sur le bâtiment et sur ce projet d’Hotel de Recherche, n’hésitez pas à nous contacter.

ManRos Therapeutics parmi les « 100 start-ups françaises les plus prometteuses » selon le magazine Capital

août 18th, 2009
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Nous sommes très heureux de figurer parmi les « 100 start-ups et PME innovantes les plus prometteuses » en France, sélectionnées de Roscoff (!) à Sophia-Antipolis par le magazine Capital (numéro 215 – aout 2009).

capital-august09

Sur plus de 50 pages, l’article détaille une réconfortante sélection d’entrepreneurs audacieux prêts à innover, même en temps de crise. De quoi rester confiant sur entrepreneuriat dans notre pays, au moment où celui-ci enregistre près de 340.000 créations d’entreprises sur 12 mois, en progression de 29,6% !

Pour en savoir plus, vous pouvez également consulter carte de France complète http://www.capital.fr/le-magazine/extras-online/extra-on-line-magazine-capital-aout-2009/region-par-region-les-pme-prometteuses des PME listées. Dans la rubrique « Biotech », notons en particulier la présence de sociétés comme Hemarina, Pharnext, DNA Therapeutics, Innavirvax, Fovea Pharmaceuticals, Aterovax, Medsqual, Algenics, Rhenovia, Cerenis Therapeutics, etc.

Par ailleurs, quelques journaux ont parlé de nous ces derniers temps, et nous avons mis à jour notre rubrique “news”, n’hésitez pas à aller y consulter les derniers articles !

Le Grand Prix Émile Jungfleisch de l’Académie des sciences est décerné à Laurent Meijer

juillet 16th, 2009
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Logo Académie des sciences

ManRos Therapeutics est particulièrement heureuse d’apprendre que le Grand Prix Émile Jungfleisch de l’Académie des sciences a été décerné cette année à Laurent MEIJER, directeur de recherche au CNRS et co-fondateur de la société. Le Grand Prix Émile JUNGFLEISCH (150 000 €) est l’un des plus grands Prix de l’Académie des Sciences, il récompense un scientifique ayant effectué des travaux dans un laboratoire français, dans le domaine de la chimie organique et/ou de la biochimie.

« Laurent MEIJER est un chercheur exceptionnel par sa démarche intellectuelle », mentionne le site de l’académie, « [par] ses découvertes à partir des invertébrés marins (…) et [par] son travail à l’interface chimie/biologie conduisant à la découverte de molécules potentiellement de grand intérêt Laurent MEIJER a notamment découvert la roscovitine (seliciclib), actuellement en phase clinique II contre certains cancers, mais également de nombreux autres composés, dont certains sont en cours de développement chez ManRos Therapeutics contre la polykystose rénale, les cancers ou la maladie d’Alzheimer. Le Grand Prix Émile JUNGFLEISCH lui sera remis mardi 13 octobre 2009 sous la Coupole de l’Institut de France, lors de la première séance solennelle de remise des Prix de l’Académie des sciences.

ManRos Therapeutics est à NYC

juin 4th, 2009
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ManRos Therapeutics se déplace à New York City pendant une semaine. Nous allons rencontrer plusieurs de nos collaborateurs américains, et nous préparons activement notre future implantation à Manhattan.
Il est assez atypique pour une start-up française de s’implanter aussi tôt à l’international. Pour nous, c’est une nécessité et cela fait partie de l’ambition fondatrice de la société. C’est également l’origine de notre nom, « Manhattan – Roscoff » !

Saviez-vous que la région de New York a été nommée par FierceBiotech parmi les 5 régions les plus accueillantes pour les biotech en 2009 ?! C’est assurément un grand changement par rapport aux années précédentes : New York ne faisait alors jamais partie du classement les années précédentes, contrairement à la Californie qui en est absente cette année. La New York City Bioscience Initiative a certainement contribué à ce classement dans le top 5.
Nous avons choisi New York City pour plusieurs raisons. D’une part, New York abrite de nombreux instituts de recherche et universités très prestigieuses (notamment en neurosciences), avec qui nous développons des collaborations. New York est aussi la ville de nombreux hôpitaux, dans lesquels sont réalisés de nombreux essais cliniques contre le cancer. Enfin, une implantation dans la « Big Apple » permet d’être plus proches des industriels et les investisseurs en Sciences de la Vie aux USA. Si vous êtes sur NYC ou sa région, et que vous êtes intéressés par nous rencontrer sur place, n’hésitez pas à nous contacter !

RockefellerUniversity
Une vue depuis un batiment de la Rockefeller University

Un colloque « biotechnologies marines » à Paris le 9 juin

juin 3rd, 2009
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Nous avons déjà abordé les « médicaments de la mer » sur ce blog. Je reviens donc sur le sujet pour indiquer à nos lecteurs que la prochaine soirée des Transversale Santé à Paris aura pour thème « Les biotechnologies marines : Quel avenir pour l’industrie du médicament ? » Le programme est disponible ici. Plusieurs intervenants viendront exposer leur vision de l’avenir des biotechnologies marines, et en particulier le Dr. Franck Zal de Hemarina. Le débat sera orchestré par Georges Massiot du Centre de Recherche sur les Substances Naturelles / CNRS – Pierre Fabre en tant que Grand Témoin. Nous y serons.

PS : A propos de Georges Massiot, n’hésitez pas à aller consulter sa présentation « Médicaments issus de la mer, illusions et espoirs » présentée au colloque « Chimie et Mer » en 2007.

Other kinase inhibitors: the marine source « going forward » ?

mai 26th, 2009
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Although about half of the currently used drugs are derived from natural sources, the vast majority of them derives from terrestrial organisms. The biological evaluation of marine natural products is in its infancy but is currently under great expansion. We have been very fortunate to collaborate with pioneers like Dr. George R. PETTIT (Cancer Research Institute, Arizona State University, Tempe, USA). These collaborations have allowed us to screen preferentially on collections of marine organisms derived molecules.

While this initial work has been carried out on 2,6.9-trisubstituted purines, and particularly on roscovitine, Dr. Laurent MEIJER’ CNRS team and ManRos Therapeutics are collaborating to pursue screening efforts on CDKs, with particular emphasis on purified and identified natural products, specially of marine origin. This has already led to the discovery, optimization and characterization of various classes of chemical inhibitors of protein kinases such as paullones, indirubins, 6-bromoindirubins, hymenialdisine, meridianins or lamellarins. Most of these compounds are or are derived from marine natural products.

Altogether marine organisms provide us with enzymes and inhibitors which we would like to develop as pharmaceutical treatment for several important human diseases : « From Sea to Pharmacy » !

fromseatopharmacy

CDK inhibitors – Optimization by medicinal and combinatorial chemistry

mai 25th, 2009
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These early optimization efforts were continued by classical medicinal chemistry in collaboration initially with Miroslav STRNAD and later with Michel LEGRAVEREND (Institut Curie, Orsay). Among purines efficient in the sub-micromolar range we selected 2-(R)-(1-ethyl-2-hydroxyethylamino)-6-benzylamino-9-isopropylpurine for further investigation. As a language convenience and by reciprocity, the chemical name was abandoned for an easier name, « roscovitine » ! Roscovitine was potent at inhibiting CDK1/cyclin B (IC50: 0.450 µM) and still quite selective. (R)-roscovitine was slightly more efficient than (S)-roscovitine. Roscovitine generated a wide interest as a pharmacological tool but also for clinical applications. (R)-roscovitine, under the name of CYC202 or Seliciclib, has now reached phase 2 clinical trials against various cancers and phase 1 clinical trial against glomerulonephritis. Roscovitine was also the start-point of an important combinatorial chemistry effort to generate even more efficient purine analogues. These efforts were also guided by the co-crystal structures of CDK2 with olomoucine and roscovitine (see below). They ultimately led Nathanael GRAY, in Peter SCHULTZ’s laboratory in Berkeley, to the identification of purvalanols which were very potent in vitro (IC50 in the 0.004-0.04 µM range) and highly selective. Many other related and potent purines were synthesized in numerous laboratories and confirmed the efficacy of 2,6,9-trisubstituted purines at inhibiting CDKs.

Co-crystallization with CDK2
Stimulated by discovery of the (relative) potency and the selectivity of olomoucine, and the crystal structure of CDK2 that had been solved a few months earlier by Sung-Hou KIM, in Berkeley. His results were accompanied by two surprises. Firstly, although olomoucine occupied (as expected) the ATP-binding pocket of CDK2, its purine ring and that of ATP were not at all orientated in the same manner. Secondly, isopentenyladenine was positioned in yet a third orientation. Later, roscovitine, purvalanols, and other purines were co-crystallized with CDK2. All these purines were orientated like olomoucine in the ATP-binding pocket of the kinase.

In contrast, the apparently related O6-cyclohexylmethylguanine (NU2058), and its optimized derivative NU6102, were found to bind to CDK2 in a different way than olomoucine/roscovitine/purvalanol. The purine/CDK2 co-crystal structures generated a lot of interest and, complemented with extensive structure-activity relationship studies, greatly stimulated the search for and rational optimization of new CDK inhibitors. Since olomoucine, more than 40 pharmacological inhibitors have been co-crystallized with CDKs. Despite a surprising chemical diversity, they are all flat, hydrophobic heterocycles which bind in the ATP-binding pocket through 2-3 hydrogen bonds with the backbone atoms of Leu83 and Glu81 in the active site and hydrophobic and van der Waals interactions.

kinase-cdk51
3D representation of CDK5/p25 co-crystallized with a specific inhibitor targetting the ATP binding pocket of the kinase.

Selectivity: investigation with panels of enzymes and by affinity chromatography
A frequently asked question about kinase inhibitors relates to their selectivity, especially in view of their molecular mechanism of action (competition with ATP) which, intuitively, does not seem to be very favorable for high selectivity. The selectivity issue is usually approached by testing the compounds on a panel of purified, usually recombinant kinases, a time-consuming and unsatisfying approach (considering that only a small fraction of the 518+ kinases present in the human genome can be evaluated, and that potential non-kinase targets are not tested !). Nevertheless this approach showed that 2,6,9-trisubstituted purines were rather selective, essentially inhibiting CDK1, CDK2, CDK5, CDK7 and CDK9, but not CDK4 and CDK6. In addition to CDKs, the MAP kinases Erk1 and Erk2 were sensitive to 2,6,9-trisubstituted purines, although at much higher concentrations. In the absence of potent MAP kinase inhibitors, olomoucine was co-crystallized with Erk2.

As an alternative approach to purify and identify the targets of our purine CDK inhibitors we developed an affinity chromatography method with Nathanael GRAY. Purines were first immobilized through a linker to sepharose beads. Extracts of various cell types and tissues were then incubated with this matrix and, after stringent washing of the beads, the bound proteins were resolved by SDS-polyacrylamide gel electrophoresis and identified by microsequencing of internal peptides. This global approach confirmed that CDK1, CDK2, CDK5 and CDK7 were targets of purvalanols. It revealed that Erk1 and Erk2 are also important targets. The success of this method was a stimulus to extend it to other CDK inhibitors such as paullones and indirubins. This technology was recently successfully applied to roscovitine. This extremely useful information is being used to optimize second generation derivatives of roscovitine.

Le criblage des premiers inhibiteurs de CDK1/cycline B

mai 7th, 2009
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L’importance du MPF dans la régulation du cycle cellulaire ont conduit à penser que tout inhibiteur de ce facteur serait un agent anti-mitotique puissant, et que cette propriété pourrait être particulièrement utile dans le traitement des cancers. Or, les oocytes d’étoile de mer sont une source abondante de CDK1/cycline B native et très active, libre de toute CDK1 ou cycline B monomérique, et libre de tout complexe inactif. De plus, le complexe CDK1/cycline B pouvait être facilement purifié par chromatographie d’affinité. Un test simple d’inhibition de kinase fut mis en place puis optimisé, afin de permettre la détection d’inhibiteurs potentiels. Sa sélectivité fut initialement évaluée avec plusieurs agents thérapeutiques déjà utilisés chez l’homme. Tous étaient inactifs sur ce test d’inhibition, mais la staurosporine (un inhibiteur non spécifique de protéines kinase) était particulièrement actif sur l’inhibition de CDK1/cyclin B.

La découverte des premières purines inhibitrices de kinases

Outre la staurosporine, la 6-dimethylaminopurine (6-DMAP) était fréquemment utilisé dans les années 80 comme un « inhibiteur non spécifique de protéines kinases ». La 6-DMAP a été initialement identifiée par Lionel REBHUN, comme étant un analogue de puromycin qui, contrairement à la structure mère, était inactif sur l’inhibition de la synthèse de protéines. Toutefois, 6-DMAP inhibait fortement la mitose chez l’œuf d’oursin. Le mécanisme d’action de la 6-DMAP sur la division cellulaire resta un mystère jusqu’à ce que ces propriétés inhibitrices du MPF furent mises en évidence par Laurent MEIJER et Pierre PONDAVEN, en 1988.

Cet effet inhibiteur fut confirmé sur les premiers tests de criblage, avec une IC50 de 120µM (!). En poursuivant le criblage de plusieurs purines analogues, nous avons mis en évidence que l’isopentenyladenine était un peu plus active que la 6-DMAP (IC50 : 55µM). Malheureusement, les deux composés avaient un intérêt limité à cause de leur sélectivité médiocre. L’isopentenyladenine est une hormone de plante largement étudiée (cytokinine), et ce fut la raison du premier contact avec Jaroslav VESELY et Miroslav STRNAD. Pendant un séjour bref (mais intense !) à Roscoff, Jaroslav VESELY et Laurent MEIJER testèrent l’effet sur CDK1/cycline B de tous les analogues d’isopentenyladenine alors disponibles, ainsi que d’autres purines substituées. Les résultats restèrent décevants jusqu’à la découverte d’un inhibiteur moyennement actif, la 2-hydroxyethylamino-6-benzylamino-9-methylpurine, qui fut renommée olomoucine (Olomouc étant la ville de l’Université de Jaroslav VESELY en République Tchèque).

1stpurines

Ce composé était disponible commercialement comme antagoniste de la 7-glucosyltransferase, une cytokinine de plante, initialement synthétisée à Canberra en Australie par David LETHAM qui, avec Lionel REBHUN, peuvent être considérés comme les grand-pères (involontaires) des purines comme inhibiteurs de kinases ! Deux caractéristiques de l’olomoucine étaient particulièrement intéressantes : une efficacité améliorée (IC50 : 7µM) et (contrairement à la 6-DMAP et à l’isopentenyladenine), une sélectivité inattendue pour les CDKs et (dans une moindre mesure) pour les MAP kinases. Ceci allait clairement en opposition avec le dogme d’alors qui stipulait que des inhibiteurs ciblant la poche à ATP ne pourraient pas être sélectifs. Une étude de structure-activité avec 81 purines a montré que les propriétés inhibitrices de kinases étaient limitées à la famille des purines 2,6,9-trisubstituées. De plus, nous avons alors trouvé qu’une substitution d’un méthyle sur la position 7 (iso-olomoucine) conduisait à l’inactivation de l’inhibiteur, tandis qu’une substitution avec un groupement isopropyle sur la position 9 était optimale.

(à suivre dans le prochain post)

Une protéine kinase activée pendant l’entrée en phase M

mai 5th, 2009
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L’implication de la phosphorylation des protéines dans le contrôle du cycle cellulaire a initialement été mis en évidence par l’étude des phosphatases et de leurs inhibiteurs, et par l’activation transitoire des protéines kinases pendant certaines phases spécifiques du cycle cellulaire. Lors d’un séjour au sein du laboraratoire d’Edwin KREBS (University of Washington, Seattle), Laurent MEIJER et Steven PELECH caractérisèrent la « M-phase specific histone kinase », qui est fortement activée pendant la transition prophase-métaphase des oocytes d’étoile de mer. A la fin des années 80, la purification se termina avec l’identification de la « M-phase specific histone kinase » comme étant un complexa hétérodimérique constitué d’une unité catalytique, cdc2 (plus tard identifiée comme CDK1) et d’une unité régulatrice, la cycline B.

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Cellule de souris en préprophase entrant en mitose, avec le centrosome dupliqué (jaune), l’enveloppe nucléaire (en vert), et des fragments de l’appareil de Golgi (vert). Avec la permission de M. PIEL et M. BORNENS.

La kinase CDK1/cyclin B : un facteur de déclenchement universel de la phase M

La façon dont la transition prophase/métaphase est contrôlée a été étudiée par de nombreux scientifiques dans divers modèles. En particulier, les fusions de cellules de mammifères et les transferts de cytoplasmes d’oocytes firent leurs preuves au début des années 70. En effet, ces expériences ont mis en évident l’existence d’un “Maturation-Promoting Factor” universel (plus tard nommé « M-phase Promoting Factor » ou MPF), qui est exprimé dans le cytoplasme lorsque les cellules passent en métaphase. Du MPF purifié entraine la transition prophase/métaphase lorsqu’il est injecté dans des oocytes arrêtés en prophase. Sa présence dans toutes les cellules en divisions et son absence totale de spécificité entre les espèces ont conduit à l’identifier comme un facteur universel responsable de l’entrée en phase M. Cependant, plus de 20 ans furent nécessaire pour identifier le MPF comme étant le complexe CDK1/cyclin B.

Des œufs d’étoile de mer

avril 30th, 2009
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La division cellulaire est un processus universel qui permet aux cellules de répliquer leur ADN, et de le distribuer à l’identique entre les cellules « filles ». La division cellulaire est essentielle pour le développement embryonnaire, pour la croissance vers le stade adulte, et pour le renouvellement continu des cellules qui meurent. La division cellulaire ait été découverte il y a près de 150 ans, mais ce n’est que récemment que nous avons acquis une bonne compréhension des mécanismes sous-jacents qui régulent ce processus. Le haut degré de conservation de la division cellulaire au cours de l’évolution a permis d’utiliser une grande variété de modèles cellulaires pour étudier le contrôle du cycle cellulaire. Parmi ces modèles, les levures, les embryons d’amphibiens, les lignées de cellules de mammifères et… les œufs d’invertébrés marins ont contribué à faire la lumière sur les mécanismes moléculaires intracellulaires qui permettent la réalisation de chaque étape de la division cellulaire.

starfish_oocytes

Notre contribution dans ce domaine commencée dans le laboratoire de Maurice DURCHON à Lille, lorsque du travail de Laurent MEIJER sur les oocytes du ver de vase Arenicola marina . Les oocytes de ce ver marin sont naturellement arrêtés dans le premier stade de la prophase de la meïose, et une hormone cérébrale (encore non identifiée) déclenche un transition très rapide et hautement synchrone vers le stade métaphase. Cette transition prophase/métaphase peut être induite in vitro dans de l’eau de mer. C’était le premier contact de Laurent MEIJER avec le cycle cellulaire et les oocytes d’invertébrés marins. Pendant un séjour post-doctoral en 1978-1979, dans le laboratoire de David EPEL (Hopkins Marine Station, Stanford University, Pacific Grove, California), Laurent MEIJER étudia l’augmentation globale de la phosphorylation des protéines (et l’activation de la « histone kinase » associée) qui était mise en évidence pendant la transition prophase/métaphase des oocytes d’un autre ver marin, Urechis caupo. Cependant, c’est au début des années 80, dans le laboratoire de Pierre GUERRIER, à la Station Biologique de Roscoff, que Laurent MEIJER mis en évidence que les oocytes d’étoile de mer constituaient un modèle idéal pour étudier les fonctions des phosphorylations de protéines pendant la transition prophase/métaphase du cycle cellulaire.

starfish

En résumé, les oocytes d’étoile de mer sont des cellules transparentes et très larges (160 µm de diamètre) qui peuvent être isolées en très grande quantités (>50 ml de cellules/étoile de mer mature), et qui peuvent être cultivées dans de l’eau de mer. Elles sont naturellement arrêtées en prophase, et la 1-methyladenine, une hormone produite par les cellules folliculaires, induit la transition vers la métaphase in vitro. Ce shift physiologique est rapide (<20 min.) et hautement synchrone. Ces propriétés ont grandement contribué au succès de l’oocyte d’étoile de mer dans les études de la régulation biochimique de la transition prophase/métaphase du cycle cellulaire.

[à suivre...]